ÉDUCATION : Plus de 400 écoles sans aucun lauréat à l’Examen d’État donnant accès aux universités publiques
Les résultats de l’Examen d’État révèlent que plus de 400 écoles burundaises n’ont enregistré aucun lauréat. Face à ces disparités, la FENASSEB appelle à des réformes structurelles pour améliorer la qualité de l’enseignement et garantir l’équité entre les établissements scolaires.
By Rédaction IREBE FM ·
Les résultats de l'Examen d'État donnant accès aux universités publiques mettent en lumière de profondes disparités entre les établissements scolaires burundais. Dans plus de 400 écoles, aucun élève n'aurait réussi cette épreuve. La Fédération Nationale des Syndicats du Secteur d'Enseignement et d'Éducation du Burundi (FENASSEB) s'inquiète de cette situation et appelle à des réformes pour améliorer la qualité de l'enseignement.
Des écarts importants entre les établissements scolaires
Selon Antoine Manuma, président de la FENASSEB, le classement des établissements en fonction de leurs résultats révèle une situation préoccupante : certaines écoles affichent un taux de réussite de 100 %, tandis que d'autres n'ont enregistré aucun élève admis.
Les établissements ayant obtenu les meilleurs résultats sont principalement des écoles techniques et professionnelles et des écoles d'excellence, ainsi que certaines écoles encadrées par l'Église catholique. D'après le responsable de la FENASSEB, ces performances s'expliquent notamment par une sélection d'élèves ayant obtenu de bonnes notes au Concours national de 9e année, un encadrement pédagogique régulier et de meilleures conditions d'apprentissage, notamment en matière de disponibilité des enseignants.
À l'inverse, les établissements communaux et certaines écoles privées figurent parmi ceux qui n'ont enregistré aucun lauréat. Ils accueillent souvent des élèves ayant obtenu des résultats faibles au Concours national de 9e année, ce qui peut également influencer leurs performances dans les cycles d'enseignement suivants.
La FENASSEB plaide pour des réformes structurelles
Pour Antoine Manuma, plusieurs facteurs expliquent ces contre-performances. Il cite notamment la faiblesse de la note minimale exigée au Concours national de 9e année pour accéder à l'enseignement post-fondamental, l'orientation de certains élèves vers des filières qui ne correspondent pas à leurs capacités, l'insuffisance du suivi pédagogique des élèves externes, le manque d'enseignants ainsi que l'insuffisance du matériel didactique.
Face à ces difficultés, la FENASSEB estime que tous les établissements scolaires doivent bénéficier des moyens nécessaires pour garantir un enseignement de qualité. Son président considère qu'un élève ne devrait pas voir ses possibilités de poursuivre des études universitaires compromises en raison des insuffisances liées à l'organisation ou aux conditions d'apprentissage de son établissement.
Parmi les pistes proposées figurent le relèvement de la note minimale exigée au Concours national de 9e année pour accéder à l'enseignement post-fondamental, le renforcement du contrôle et du suivi des établissements, particulièrement ceux du secteur privé, ainsi que l'augmentation du nombre d'écoles à régime d'internat.
Au-delà des résultats à l'Examen d'État, cette situation relance ainsi le débat sur l'équité dans l'accès à l'éducation et sur la nécessité de garantir à chaque enfant burundais des conditions d'apprentissage lui permettant de développer pleinement son potentiel.